Le mois de juin a apporté une bonne nouvelle : le conflit entre l'Iran et les États-Unis semble en voie de se calmer, et le prix du pétrole est redescendu. Mais d'autres sujets prennent le relais : une nouvelle équipe à la tête de la banque centrale américaine change ses habitudes de communication, et l'entrée en bourse spectaculaire de SpaceX relance le débat sur les prix très élevés payés pour l'intelligence artificielle.
Le pétrole redescend, un vrai soulagement
Bonne nouvelle du mois : avec la fin probable du conflit au Moyen-Orient, le prix du pétrole est retombé à environ 73 dollars le baril, contre plus de 110 dollars il y a encore quelques semaines. C'est un net retour vers son niveau d'avant-crise.
Cette baisse est une excellente nouvelle pour le pouvoir d'achat et pour les entreprises, qui payent moins cher leur énergie. Elle laisse espérer que la hausse des prix (l'inflation) va progressivement ralentir dans les 12 prochains mois, même si un dernier pic est encore probable cet été, le temps que la baisse du pétrole se diffuse pleinement dans l'économie.
En Chine, la situation reste plus inquiétante : les ménages consomment peu, ce qui pèse sur la croissance du pays. Aux États-Unis en revanche, l'activité reste correcte, mais elle repose beaucoup sur un seul moteur : les investissements massifs dans l'intelligence artificielle.
Un nouveau "chef" à la banque centrale américaine, plus prudent et moins bavard
La banque centrale américaine (la Fed), un peu l'équivalent de notre Banque de France mais pour les États-Unis, a un nouveau président : Kevin Warsh. Son arrivée change nettement la façon dont la Fed communique.
Sur le fond, la décision du mois est prudente : les taux d'intérêt (le coût de l'argent emprunté) restent inchangés, entre 3,50 % et 3,75 %. Mais la manière de l'annoncer a beaucoup changé : le communiqué officiel est deux fois plus court qu'avant, et surtout, il ne donne plus aucune indication sur ce que la Fed compte faire dans les mois à venir.
Concrètement, cela veut dire que les marchés ne peuvent plus anticiper facilement les prochaines décisions sur les taux. On peut s'attendre à plus de mouvements et de surprises sur les marchés financiers dans les mois qui viennent, car chaque déclaration d'un responsable de la Fed sera scrutée de près.
Pourquoi ce durcissement du ton ? Parce que l'inflation reste élevée aux États-Unis (4,2 % en mai), sous l'effet de la hausse passée du pétrole, du gaz et des engrais. Les salaires, eux, n'augmentent pas au même rythme, ce qui entraîne une baisse temporaire du pouvoir d'achat des Américains. La Fed veut éviter à tout prix que cette hausse des prix ne s'installe durablement, quitte à remonter les taux si besoin.
SpaceX entre en bourse : un pari plus qu'un calcul
L'événement marquant du mois, c'est l'entrée en bourse de SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'opération est spectaculaire : l'entreprise a levé 75 milliards de dollars, ce qui lui donne une valeur totale d'environ 1 770 milliards de dollars. Pour donner un ordre de grandeur, c'est plus du double de la plus grosse entrée en bourse jamais réalisée jusqu'ici.
SpaceX, ce n'est plus seulement des fusées : l'entreprise regroupe aussi Starlink (l'accès à internet par satellite) et xAI, qui développe l'intelligence artificielle Grok, concurrente de ChatGPT ou de Claude.
Le souci, pour un investisseur, c'est que ce prix très élevé repose surtout sur la confiance dans l'avenir de l'intelligence artificielle et de l'espace, bien plus que sur les résultats financiers actuels de l'entreprise. Autrement dit : on paye aujourd'hui pour un futur incertain, pas pour des bénéfices déjà là. C'est un signal fort de l'enthousiasme actuel du marché pour tout ce qui touche à l'IA — mais aussi un signal de prudence à garder en tête.
Plus largement, cet épisode remet en lumière un mécanisme qu'il faut bien comprendre : une partie des bénéfices records affichés en ce moment par les grandes entreprises américaines vient du fait que les géants de la technologie dépensent massivement pour construire des centres de données et acheter des équipements informatiques. Ces dépenses deviennent immédiatement des revenus et des bénéfices pour leurs fournisseurs. Cette dynamique est puissante, mais elle repose sur un pari : que ces investissements colossaux seront un jour rentabilisés. Personne, aujourd'hui, ne peut le garantir avec certitude.
Ce qui s'est passé sur les marchés en juin
Après un fort rebond en mai, les marchés ont marqué une pause en juin, avec un net recul des actions chinoises et une petite baisse des grandes valeurs technologiques américaines. Sur l'ensemble du premier semestre 2026, les grandes tendances restent toutefois positives :
Les actions de la zone euro progressent de 12,6 % depuis le début de l'année
Les actions américaines gagnent 10,2 %
Les actions des pays développés d'Asie s'envolent de près de 26 %
Les obligations restent globalement stables, avec des performances plus modestes
Autre fait marquant : la monnaie japonaise (le yen) est tombée à son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar. Cela profite aux entreprises japonaises qui exportent, mais réduit le pouvoir d'achat des habitants du Japon.
Notre positionnement
Nous conservons une allocation plutôt prudente. Le potentiel de l'intelligence artificielle ne fait guère de doute, mais le prix à payer pour y accéder devient de plus en plus élevé, comme l'illustre bien l'entrée en bourse de SpaceX. Dans un contexte où l'enthousiasme du marché peut temporairement l'emporter sur une analyse financière plus posée, nous pensons que la patience et la discipline dans nos choix d'investissement seront, à terme, les meilleures alliées de nos clients.
Cette analyse est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Pour toute décision patrimoniale, contactez votre conseiller.