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Avril 2026 - Résumé des marchés financiers

1 avril 2026 par
le bourbasquet Romain, le bourbasquet Romain

La guerre en Iran s'installe : faut-il s'inquiéter pour votre épargne ?

Le mois d'avril 2026 marque un tournant dans la crise iranienne. Ce qui devait être un conflit court commence à ressembler à une guerre qui s'installe dans la durée. Le détroit d'Ormuz est toujours bloqué un mois après le début des hostilités, et les marchés financiers le ressentent de plein fouet. Voici ce que j'en retiens pour vous.

1. Un conflit qui dure plus longtemps que prévu

Au départ, le scénario dominant était celui d'une guerre éclair. Ce n'est plus aussi évident. L'Iran a choisi de déplacer le combat sur le terrain économique en bloquant le détroit d'Ormuz — le passage par lequel transite une grande partie du pétrole mondial. Résultat : le baril de pétrole a progressé de près de 90 % depuis le début de l'année.

Les solutions mises en place pour compenser — réserves stratégiques mondiales, pipelines alternatifs, réintroduction de pétroles russes et vénézuéliens sur le marché — permettent d'amortir le choc, mais ne suffisent pas à combler l'écart. Tant que le détroit reste bloqué, la pression sur les prix de l'énergie va se maintenir. Un dénouement reste plausible : la pression internationale s'intensifie, et la majorité des Américains ne soutient pas ce conflit. Mais la résolution rapide promise par Washington se fait attendre.

2. Croissance ralentie, inflation en hausse : ce que prévoient les institutions

Face à ce choc, la BCE a revu ses prévisions à la baisse. Dans son scénario central — celui d'un conflit relativement court — la croissance de la zone euro est attendue à 0,9 % en 2026, contre 1,5 % l'an dernier. L'inflation remonterait à 2,6 % cette année, avec un pic autour de 3,1 % au printemps, avant de se calmer progressivement.

Bonne nouvelle pour nous en France : la Banque de France anticipe des effets plus limités que chez nos voisins. Grâce à notre mix énergétique — porté par le nucléaire — nous sommes moins exposés aux variations des prix du gaz et du pétrole. La croissance française resterait positive à 0,9 % cette année, avec une inflation maîtrisée autour de 1,7 %. La récession n'est pas le scénario central, mais tout dépendra de la durée du conflit.

3. Les marchés hésitent, mais les fondamentaux ne se sont pas effondrés

Les marchés financiers traversent une période d'incertitude. Les indices européens et américains reculent, les secteurs les plus sensibles à la conjoncture économique souffrent davantage. Le dollar est reparti à la hausse, retrouvant son rôle de valeur refuge. L'or, lui, est revenu à son niveau de début d'année.

Ce qui est important à comprendre : les marchés ne paniquent pas sur les fondamentaux des entreprises, mais sur l'incertitude liée à la durée du conflit. Historiquement, c'est souvent dans ces moments de pessimisme que les meilleures opportunités se construisent — à condition de ne pas réagir dans la précipitation.

Ce que ça change concrètement pour un épargnant

Si vous êtes investi sur les marchés, vous avez probablement constaté une baisse de valorisation ce mois-ci. C'est inconfortable, mais c'est précisément dans ces phases que les décisions prises à chaud sont les plus coûteuses à long terme. Mon analyse est claire : sauf récession mondiale avérée — qui n'est pas le scénario central — il vaut mieux préserver la trajectoire de vos placements à trois ans que de sécuriser précipitamment et manquer les rebonds qui suivront inévitablement. Je ne modifie pas les orientations de nos portefeuilles. Si vous avez des questions sur votre situation personnelle, c'est le bon moment pour en parler.

Ce que je surveille

Deux éléments seront déterminants : l'évolution du conflit au Moyen-Orient d'abord, dont chaque signal de désescalade pourrait déclencher un rebond rapide des marchés. Et les décisions des banques centrales ensuite — BCE et Fed — qui devront naviguer entre une inflation tirée par l'énergie et une croissance qui ralentit, sans commettre l'erreur de durcir leur politique dans un contexte déjà fragile.


Cette analyse est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour toute décision patrimoniale, je reste à votre disposition.

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